Axe MIDLOS

Modélisation et Interprétation. Document. Langues Orales et Signées.

Responsable scientifique : Laurent GOSSELIN

 

Cet axe regroupe des enseignants-chercheurs titulaires, des membres associés et des doctorants travaillant dans différents domaines (phonétique/phonologie, lexique, morphologie, syntaxe, sémantique, terminologie, sémiotique, herméneutique) et sur différents types de productions langagières (productions écrites, orales ou signées, dans différentes langues, documents électroniques).

Ce qui réunit ces linguistes, c’est d’abord le constat qu’ils rencontrent le même type de problème pour décrire et expliquer les phénomènes langagiers qu’ils étudient, problèmes qui se laissent subsumer sous les concepts d’hétérogénéité et de complexité.

Par hétérogénéité, nous entendons le fait que chaque phénomène étudié paraît relever de divers facteurs appartenant à des sous-domaines distincts, et relevant de principes explicatifs différents (pour prendre un exemple, la focalisation va dépendre à la fois de la prosodie, de la morphologie, de la syntaxe, de la sémantique, de la pragmatique et du genre textuel).

Le terme de complexité, utilisé dans le champ linguistique, nous permet de rendre compte du double fonctionnement des principes frégéens de compositionnalité (la valeur du tout est déterminée par celles des parties qui le composent) et de contextualité (la valeur des parties dépend de celle du tout dans laquelle elle se trouve insérée). De sorte qu’un calcul strictement linéaire (des parties vers le tout) n’est pas envisageable.

La prise en compte de ces deux caractéristiques essentielles des phénomènes langagiers nous a conduits à travailler sur l’interaction des différents sous-domaines, et à envisager de nouveaux types de modélisation, utilisant, outre certains développements récents de la linguistique (comme les grammaires de construction, qui articulent le lexique, la syntaxe et la sémantique), des outils théoriques issus des sciences cognitives (comme le métamodèle des espaces conceptuels de Gärdenfors, les architectures modulaires, l’approche herméneutique et enactive de la construction du sens qui traite du caractère continu et dynamique de l’interprétation…). Car notre but commun est de parvenir à construire des modèles empiriquement adéquats et théoriquement cohérents de ces phénomènes hétérogènes et complexes.

Une opération centrale engage tous les membres de l’équipe à participer collectivement à une réflexion théorique sur la constitution de modèles généraux de l’interprétation et de la construction contextuelle du sens répondant aux exigences indiquées ci-dessus : il s’agit d’élaborer des modèles sémantiques, dynamiques, et compositionnels holistes (prenant en compte le principe de contextualité). Chaque chercheur y apporte des éléments de réflexion issus de son domaine de spécialité.

A cette opération centrale s’articulent diverses opérations particulières, centrées sur des objets qui leurs sont propres, mais informées de la réflexion théorique générale et susceptibles d’apporter en retour des éléments de confirmation ou de réfutation aux modèles généraux de l’interprétation. Ces modèles nous servent à décrire et expliquer le fonctionnement des systèmes de marqueurs propres à chaque langue (orale ou signée) dans l’expression de grandes catégories fonctionnelles : référence, temps, aspect, modalité, organisation de l’information, structuration énonciative, parcours interprétatif.